Marie-Joseph Bonnat (1844-1881), « l’aventurier blanc et barbu »
Marie-Joseph Bonnat est né à Grièges, village limitrophe de Pont-de-Veyle, Saint-Laurent-sur-Saône et Mâcon. Il est le fils de l’instituteur Pierre-Antoine Bonnat, qui meurt rapidement, en 1849, et d’une épicière, Jeanne Roux.
A 22 ans, au printemps 1866, il est recruté comme cuisinier-intendant sur le Joseph-Léon, navire de l’explorateur et capitaine Charles Girard, dont le but est d’explorer les bouches du fleuve Niger. Parti en mai de Rochefort, et après des escales aux Canaries, au Sénégal et à Fernando Poo (actuelle Guinée équatoriale), l’expédition remonte en octobre le fleuve Calabar (fleuve Cross actuel) jusqu’à la ville-comptoir de Bonny (dans l’actuel Nigeria). En novembre, elle découvre plusieurs villages igbo (dans le sud de l’actuel Nigeria) : Bakana, Emaffé, Ania et Ogonania. Girard établit alors une carte du Nouveau-Calabar. C’est alors que l’expédition prend un tournant fatal : le capitaine Girard meurt de fièvres, le long de la Côte de l’Or. L’expédition tombe alors dans un certain oubli.
Marie-Joseph Bonnat, lui, plutôt que de rentrer en France, décide de rester sur place. Se dirigeant vers les terres, il fonde un comptoir cotonnier sur la ville de Ho (dans l’actuel Ghana, à quelques pas du Togo). Le 27 juin 1869, les Ashantis, peuple de l’actuel Ghana, font prisonniers Bonnat et ses deux compagnons. Ces derniers sont tués, décapités sur place. Bonnat est épargné et, après avoir subi de nombreux supplices, est rapproché l’année suivante de l’empereur Kofi Kakari, devenant progressivement l’un de ses conseillers. Bonnat va alors apprendre la culture ashanti ainsi que leur langue.
Le 4 février 1874, après cinq années de captivité, il est libéré par les troupes britanniques des régiments d’Ecosse. Après un bref retour en France, il retourne en 1875 en Côte de l’Or, sous l’égide d’une entreprise britannique et de la Société de Géographie, et fonde l’African Gold Coast Company. Il décide alors de se mettre au service des Ashanti, participant à des expéditions et explorations inédites pour un européen. Le nouvel empereur, Mensa Bonsu Kumaa, le nomme gouverneur de la province de Volta. C’est ainsi que, pour placer de nouveaux comptoirs, il remonte 300 kilomètres de la Volta blanche. En 1877, il est nommé directeur d’une société minière franco-britannique, après avoir découvert dans les collines de Tarkwa (Ghana actuel) l’une des plus importantes mines d’or d’Afrique.
Il revient à Grièges en 1880, très riche. Il se marie le 20 septembre 1880 à Pont-de-Vaux à Marie Luc (1853-1905), fille d’un riche négociant de Pont-de-Vaux. Rapidement, il repart à Tarkwa mais, alors qu’il n’a que 37 ans, il décède d’une pleurésie après avoir effectué des sondages dans des conditions plus que critiques, en 1881. Il est inhumé en 1883 à Pont-de-Vaux.
A Tarkwa, son buste trône au pied de sa colline, Bonnat’s Hill. Un autre est situé dans sa ville de naissance.
Photo : Alexandre Quinet (1881), BNF
Sources : Marie-Joseph Bonnat et les Ashanti : journal (1869-1874) (CH Perrot et A. von Dantzig), Le Progrès



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