Vincent Baron (1820-1892), l’éclectique

 

Vincent Baron

Né à Meximieux en 1820, Vincent-Alfred Baron est le fils de Jacques Baron (1798-1874), agent dans l’administration des Domaines mais également lithographe et dramaturge natif d’Authun (actuelles Huparlac et Saint-Amans-des-Cots) dans l’Aveyron, et de Julie-Claudine Corsain (1795-), native de Loyes (actuelle Villieu-Loyes-Mollon), dans l’Ain. Il a deux sœurs :

-          Antoinette-Émilie Baron (1823-), épouse de Jacques-Ernest Desroches (1817-1894), acteur connu sous le nom de Jacques Valnay, qui se produisait notamment au Théâtre du Panthéon, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin et au Théâtre national de l’Odéon. Leur fils, Jacques-Isidore-Chrysostome Desroches dit Valnay (1848-1887), né à Moscou, deviendra dessinateur

-          Delphine Baron (1826-1895), actrice, dessinatrice et directrice d’une maison de costumes de théâtre (gérée avec l’aide de son frère Vincent), qui a épousé l’écrivain et metteur en scène franco-suisse Marc Fournier (1815-1879), directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin (1851-1868). Ils divorcent en 1856.

 

A 15 ans, il part avec son père à Paris et entre dans une école de dessin puis à l’École des Beaux-Arts en 1837, à 17 ans, où il devient l’élève des sculpteurs Jules Ramey (1796-1852) et Georges Jacquot (1794-1874, auteur du Monument à Stanislas Leszczynski, sur la place Stanislas de Nancy). En parallèle, il s’intéresse à l’art dramatique et entre au Conservatoire de Musique et de Déclamation en 1840, année de ses 20 ans.

 

Ami du dessinateur Honoré Daumier (1808-1879, qui lui a dédié son tableau Le Collectionneur, exposé au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam) et du peintre Jules Dupré (1811-1889), Vincent Baron fait preuve d’éclectisme, réussissant tant comme acteur, sculpteur, chanteur ou encore collectionneur.

 

Comme acteur, où il utilise quelquefois le pseudonyme de Cléophas (nom d’un disciple de Jésus rencontré sur le chemin d’Emmaüs), il est engagé au Théâtre de l’Ambigu-Comique (1845-1847), puis au Théâtre de la Gaîté (1847-1852), au Théâtre de la Porte-Saint-Martin (1852-1856, année du divorce de sa sœur avec son directeur Marc Fournier. Il y était chef du matériel) et enfin au Théâtre des Variétés. Il joue ainsi dans plusieurs spectacles à succès dont :

-          Les Trois Mousquetaires (1845, théâtre de l’Ambigu, drame), d’Alexandre Dumas père et d’Auguste Maquet, jouant le rôle d’Aramis

-          L’Honneur de la Maison (1853, théâtre de la Porte Saint-Martin), de Léon Battu et Maurice Desvignes, jouant Paul de Chennevières

-          Paris (1855, théâtre de la Porte Saint-Martin, drame), de Paul Meurice, jouant Bonaparte

-          La Grande Duchesse de Gerolstein (1867, théâtre des Variétés, opéra bouffe), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, jouant le baron Grog

-          Les Brigands (1869, théâtre des Variétés, opéra bouffe), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, jouant le capitaine des carabiniers

-          Le Trône d’Ecosse (1871, théâtre des Variétés, opéra bouffe), d’Hector Crémieux et Adolphe Jaime, musique de Hervé, jouant le baron des Trente-Six Tourelles

-          Les Merveilleuses (1873, théâtre des Variétés, drame), de Victorien Sardou, jouant Desgouttières

-          Toto chez Tata (1873, théâtre des Variétés, comédie), de Ludovic Halévy et Henri Meilhac, jouant le gardien des arrêts

-          La Petite Marquise (1874, théâtre des Variétés, comédie), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, jouant le marquis de Kergazon

-          Les Prés Saint-Gervais (1874, théâtre des Variétés, comédie), de Victorien Sardou et Philippe Gille, jouant Nicole

-          La Boulangère a des Ecus (1875, théâtre des Variétés, opéra bouffe), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, jouant Criquebert

-          Les Charbonniers (1877, théâtre des Variétés, spectacle musical), de Philippe Gille, jouant Bidard

-          Le Docteur Ox (1877, théâtre des Variétés, opéra bouffe), de Philippe Gille et Arnold Mortier, d’après Jules Verne, jouant Niklausse

-          La Cigale (1877 et 1891, théâtre des Variétés, comédie), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, jouant Carcassonne

-          La Femme à Papa (1879, théâtre des Variétés, comédie-opérette), d’Alfred Hennequin et Albert Millaud, musique de Hervé, jouant Bodin-Bridet

-          La Roussotte (1881, théâtre des Variétés, comédie-vaudeville), d’Henri Meilhac, Ludovic Halévy et Albert Millaud, musique de Hervé, jouant Dubois-Toupet

-          Mam’zelle Nitouche (1883, théâtre des Variétés, opérette), d’Henri Meilhac et Albert Millaud, musique de Hervé, jouant Célestin

-          Barbe-Bleue (1888, théâtre des Variétés, opéra bouffe), d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, jouant le roi Bobêche

Il joue alors essentiellement les œuvres collaboratives d’Henri Meilhac (1830-1897) et de Ludovic Halévy (1834-1908) et avec des musiques de Jacques Offenbach (1819-1880) ou de son rival Hervé (1825-1892).

Il partage l’affiche avec des artistes tels que Anna Judic (1849-1911), Etienne Mélingue (1807-1875), Paul Deshayes (1833-1891), Bocage (1799-1862), Hortense Schneider (1833-1920), José Dupuis (1833-1900), Charles Blondelet (1820-1888), Daniel Bac (1831-1904), Anna Vanghel (1850-1950), Céline Chaumont (1846-1926), Aline Duval (1824-1903), Jean-François Berthelier (1828-1888), Lassouche (1828-1915) ou encore Réjane (1856-1920, grand-mère de Jacqueline Porel, aindinoise dont j’ai parlé précédemment).

 

Comme sculpteur, il est d’abord formé aux Beaux-Arts et se spécialise dans les médaillons et les bustes et expose régulièrement, participant notamment à quatre salons entre 1849 et 1861. Parmi ses œuvres principales se trouvent des portraits dont ceux de :

-          L’écrivain Adolphe d’Houdetot (salon de 1849)

-          Edmond Auduit (salon de 1849)

-          Clarisse Robert (salon de 1849)

-          Le mime Jean-Gaspard Deburau (salon de 1849)

-          Le docteur Charles Caron du Villards (salon de 1859)

-          Louis Vézu, député français mort à Meximieux en 1801 (salon de 1859)

 

Quelques mois après sa dernière représentation, il décède en 1892 à Paris, au 6 boulevard des Italiens (IXe arrondissement). Il avait 71 ans. Il n’a été ni marié, ni père.

 

Photo : Atelier Nadar sous le titre « Baron. Variétés. La Cigale », que nous pouvons estimer à 1877, date de la représentation de ce spectacle. Ce tirage fait partie d’une série intitulée « Cartes de visites trois poses ». Les deux autres poses existent donc. Ici, Baron est déguisé en Carcassonne, son rôle dans La Cigale

Sources : Wikipedia, data.bnf.fr, idref.fr

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