François-Marie Firmin-Girard (1838-1921), l’artiste oublié
Rendez-vous cette fois au bord de la rivière d’Ain, à Poncin, où naît François-Marie-Firmin Girard en 1838, fils de Jean-Joachim Girard de Jeanne-Marie Chavy, tous deux marchands. A l’âge de 7 ans, il suit ses parents qui s’installent en région parisienne, le mettant ensuite en pension chez les Lassaliens de Paris.
En 1853, il entre à l’actuelle École nationale des Arts décoratifs, où il perfectionne l’art du dessin. L’année suivante, à 16 ans, il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts. Il est alors formé par les plus grands tels que le suisse Charles Gleyre (élève de Dominique Ingres et maître de Claude Monet, Auguste Renoir et Alfred Sisley) et le très renommé Jean-Léon Gérôme.
Prenant le pseudonyme de Firmin-Girard, il ouvre ensuite son atelier parisien au 7 boulevard de Clichy. Remportant de nombreuses distinctions, il devient un peintre renommé tant en France qu’outre-Atlantique, spécialisé dans les thèmes historiques et réalistes mais également les natures mortes, paysages ou autres portraits, toujours dans un style lumineux et humaniste. Néanmoins, il s’essaye à la peinture japonisante et à l’orientalisme, recevant un fort succès critique. En 1890, il adhère à la Société nationale des Beaux-Arts, avec Pierre Puvis de Chavannes et Auguste Rodin. Il fréquente alors Émile Zola, avec qui les relations seront chaleureuses puis houleuses, Claude Monet et surtout Armand Charnay, l’un de ses plus proches amis.
En 1861, à 23 ans, avec sa Mort de Priam, il remporte le deuxième prix au Prix de Rome, concours de l’Institut de France et de l’Académie des Beaux-Arts. En 1863, il en obtient la mention honorable avec Joseph se fait reconnaître par ses frères. Il décroche encore une fois le deuxième prix en 1865 avec son Orphée aux Enfers, puis, en 1866, une nouvelle mention honorable avec Thétis apporte à Achille les armes forgées par Vulcain. Il expose également aux différentes Expositions universelles : celles de Paris 1878, 1889 (où il obtient la médaille de bronze), et 1900 (avec une nouvelle médaille de bronze). En 1893, il participe à l’Exposition universelle de Chicago, exposant 12 toiles pour le pavillon français. Le 26 juillet 1896, sur le rapport du Ministre de l’Instruction publique Alfred Rambaud, Firmin-Girard est fait Chevalier de la Légion d’Honneur, parrainé par son ami Puvis de Chavannes.
Dans sa vie privée, chez son ami Charnay, en 1871, il rencontre Sabine Andriot qu’il épouse l’année suivante. Ils ont deux enfants, Jeanne (1874-1910) et Marc (1875), représentés respectivement dans Le Jardin de la Marraine et dans Premières caresses. Sa femme et ses petits-enfants seront également au centre de nombreux de ses tableaux intimistes. En parallèle, il fait construire une villa, la villa Saint-Luc (saint patron des peintres), à Onival (Ault, Somme), près des falaises normandes de la Baie de Somme. Les lieux l’inspirent et de nombreuses toiles y sont réalisées. Première célébrité à s’y installer, il influe le mouvement qui en fait une station balnéaire et plus de 150 villas se construisent en cette fin de XIXe siècle. Sabine meurt en 1918. Firmin-Girard s’installe chez son fils Marc, à Montluçon (Allier), où il décède à son tour en 1921. Il avait 83 ans.
Ses œuvres sont conservées à travers le monde. Ainsi, Les Convalescents (1861) est au Musée d’Orsay (Paris), Une rue dans Paris (1875) au Musée national de Finlande (Helsinki, Finlande), La toilette japonaise (1873) au Museo de Arte de Ponce (Porto Rico), Le mendiant (1870) au Musée d’art de Cleveland (Ohio, Etats-Unis) ou encore Charité (1870) qui est exposé au Museu Nacional de Belas Artes (Rio de Janeiro, Brésil). En 2014, son Quai aux fleurs est vendu chez Sotheby’s 3 millions de dollars.
Son petit-fils, Paul Girard, puis son arrière-petit-fils Patrick Faucheur, ont travaillé et travaillent encore sur la réhabilitation de Firmin-Girard, tombé dans un certain oubli malgré le succès de son vivant. Leur dévouement se matérialise tant par un véritable inventaire des œuvres que par des ouvrages et des recherches passionnantes sur l’artiste. Le site tenu par Patrick Faucheur est une mine historique, très documentée, et un réel plaisir à lire. Je vous y invite vraiment !
Photo : cliché inconnu
Sources : firmingirard.com



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