Marie Bourgeois (1870-1937), la Mère priaysienne
Native de Villette-sur-Ain en 1870, Marie-Clémentine Humbert épouse André Bourgeois en 1894 et vivent de la restauration. Elle suit son mari dans le village limitrophe de Priay en 1908 et y ouvre son hôtel-restaurant au 85 Grande rue de la Côtière, à la place de l’hôtel Foray. Elle a alors 38 ans. Elle y développe ses spécialités : son très célèbre pâté chaud, les grenouilles fraiches de la Dombes, les gratins de queues d’écrevisse, la poularde aux morilles, le turban de sole sauce carmélite, les petits choux au caramel blond, l’île flottante aux pralines roses…attirant les clients parisiens et les touristes se rendant sur la Côte d’Azur et faisant escale à Priay, mais également la bourgeoisie lyonnaise, n’étant éloigné de Priay que de 60 kilomètres. Les embouteillages devant le restaurant sont monnaie courante. La table de la Mère Bourgeois est devenue très prisée : des éminentes célébrités s’y rendent, tels que le président du Conseil Louis Barthou, le Général De Gaulle dès 1944, Edouard Herriot, etc.
Barthou, d’ailleurs, dédicaça son livre d’or en 1922, déclarant : « Si la Société des Nations se réunissait autour des tables du Père Bourgeois, les nations constitueraient la plus unie et la plus belle des sociétés. Mais c’est une caution, « Bourgeois », qui n’est pas du goût de tout le monde. Tant pis ! Pour ma part, je viens de faire un déjeuner qu’une seule épithète peut louer : merveilleux ».
Elle devient la première femme distinguée par le Club des Cent en 1923, club gastronomique très fermé et siégeant chez Maxim’s, dont le projet est de proposer confidentiellement les meilleures adresses régionales de France. En 1927, elle remporte le premier prix culinaire de Paris.
En 1933, âgée de 63 ans, la Mère Bourgeois obtient le Graal : trois étoiles au Guide Michelin et devient alors la seconde femme à atteindre cet honneur après Eugénie Brazier…elle-même aindinoise ! Ah !, nos Mères ! Elles ne seront suivies que par Marguerite Bise en 1951 et Anne-Sophie Pic en 2007. Elle conserve ses trois étoiles jusqu’à son décès, en août 1937. Marie Bourgeois avait alors 67 ans.
Sa fille Thérèse prend sa suite et conserve le restaurant jusqu’en 1951 avant que celui-ci ne passe aux mains culinaires et expertes de Georges Berger (1951-1977), Jacqueline Reydellet (1977-1985), Gilbert Lombard (1985-1998) et enfin Hervé Rodriguez (1998-2006). Le restaurant ferme ses portes en 2010. En 2018, un projet de destruction du bâtiment en péril, où pend encore l’enseigne, est programmé au profit d’un parking…
Sources : Le Progrès, http://www.lamerebourgeois.fr, Bugeycotiere.fr, Francetvinfo.fr, Photo : Marc Delage



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