René Vidart (1890-1928), le « grand gosse joyeux »

« Je veux étonner les oiseaux, défier les étoiles »

René Vidart

Natif de Divonne-les-Bains, au Pays de Gex, en 1890, il est le fils de Charles Vidart, maire de Divonne-les-Bains (1879-1888), et de Marie-Louise Goudard, et le petit-fils du docteur lorrain Paul Vidart (1817-1873), fondateur de la station thermale de la même ville.

Après des études genevoises et ami d’Antoine de Saint-Exupéry, passionné de sports à sensation forte (bobsleigh, ski, moto, voiture…), René Vidart découvre l’aviation en 1909. Il effectue son tout premier vol à Reims en 1910, à l’âge de 20 ans, sur un Hanriot financé par son père. 3 jours plus tard, il obtient son brevet de pilote (n°133). En décembre de la même année, il bat un record de vitesse sur 55 km autour de Mourmelon (Marne). En février 1911, il bat le record de vitesse avec passager sur un Deperdussin Monocoque, en effectuant 100 km en 1h 1min et 32 sec. Toujours avec un Deperdussin, il bat le record suisse d’altitude à 650 mètres le 6 août 1911. Il dépasse les 1 000 mètres d’altitude en juillet de l’année suivante sur Ambérieu.

Il participe ensuite à plusieurs courses : la Paris-Rome de 1911 (où, benjamin de la course, il finit 4e), le 3e circuit européen (3e), mais aussi à des meetings aériens tel que celui de sa ville natale (1911 et 1912), celui de Plan-les-Ouates qu’il remporte (1911). Le 7 mai 1912, toujours avec un Deperdussin, il relie Ambérieu à Nangis (Seine-et-Marne), ce qui fait les grands titres de la presse nationale. Vidart est ainsi connu partout en Europe.

En 1912, il créée à Ambérieu-en-Bugey sa propre école de pilotage autour de la maison de la Tuilière. La même année, il devient directeur de la Société de Navigation aérienne de Lyon et Ambérieu. Les vols se font sur des Deperdussin et sont ouverts aux civils et militaires. Pour sa publicité, il effectue un survol sur Lyon et Bourg-en-Bresse et lance des tracts. Voulant être les seuls à occuper le terrain, les militaires quittent Ambérieu en 1913. Quelques semaines plus tard, il ouvre un magasin d’aéroplanes et d’automobiles FIAT aux Brotteaux, à Lyon. La Société d’aviation d’Ambérieu est liquidée le 31 décembre 1913.

En mai 1914, âgé de 24 ans, René Vidart décide d’arrêter sa carrière de pilote, estimant que l’aviation doit être réservée uniquement aux professionnels.

Alors que la Première Guerre mondiale arrive, René Vidart est engagé volontaire pour 5 ans comme chauffeur d’automobile au 1er Régiment d’Aviation. Il reprend du service comme pilote dès octobre 1914, en assurant la défense aérienne de Paris sur un biplace Voisin. Il demande à rejoindre le front et fait notamment partie de l’escadrille d’observation C34. Blessé au bras droit après un crash suite à une panne moteur, il est mis en convalescence et devient instructeur à l’école de pilotage militaire de Pau en 1915. Il profite de ce temps pour se marier en janvier 1916 à Rachel Leclerc (1885-1956). Après deux autres crashes et une nouvelle opération du bras, il n’a d’autre choix que d’arrêter définitivement le pilotage. Médaillé militaire et Croix de Guerre, il retourne à la vie civile. Il devient conseiller municipal à Divonne en 1920.

Un accident de moto puis une chute à la chasse et un empoisonnement du sang font que l’inévitable arrive : René Vidart est amputé du bras droit.

Vivant dans la misère, il meurt accidentellement au Bourget-du-Lac (Savoie) le 2 novembre 1928, à l’âge de 38 ans. René Vidart est enterré dans sa commune de naissance. En 1935, plusieurs hommages ont lieu : sa tombe est survolée, l’aérodrome de Morbier (Jura) prend son nom et un meeting aérien à Divonne est créée en son hommage. Une rue porte son nom à Divonne-les-Bains et une allée à Ambérieu-en-Bugey.

Sources non exhaustives :

http://www.pionnair-ge.com , https://racontemoidivonne.com

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