Jacques « Jacky » Faivre (1932-2020), l'ailier bressan


Jacky Faivre

Né à Bourg-en-Bresse en 1932 et ayant fait ses études au lycée de Pont-de-Vaux, Jacques Faivre, surnommé Jacky, est formé au FC Sochaux. Évoluant comme ailier gauche, il débute avec les professionnels de Paul Wartel le 11 février 1951 contre le FC Nancy de Pierre Brembilla (où figure notamment Roger Piantoni et René Pleimelding). Il marque par ailleurs son premier but, à la 15e minute. Sa saison en Première Division se poursuit lors des deux matches suivants, puis il est cantonné à l’équipe de jeunes, faisant face à des titulaires d’envergure tels que le jeune Jean-Jacques Marcel ou le vétéran Roger Courtois. Il réapparait en décembre de la saison suivante (1951-1952) lors de deux matches.

En manque de temps de jeu, il est alors prêté au RC Franc-Comtois (actuel Racing Besançon), en Deuxième Division, lors de laquelle il réalise de bonnes performances : il finit la saison avec 19 matches et 8 buts, mais son équipe manque la montée en finissant 5e du championnat.

Il revient alors dans son club formateur, dans la peau d’un titulaire, et sous la direction d’un nouvel entraîneur, Gaby Dormois. Pendant trois saisons, il réalise d’honorables performances : 19 matches pour 4 buts en 1953-1954, 23 matches pour 10 buts en 1954-1955 et 16 matches pour 4 buts en 1955-1956, tandis que le club finira respectivement 11e, 5e et 11e de Première Division. Il va alors côtoyer des coéquipiers de très bon niveau comme Henri Biancheri, Joseph Tellechea, Marius Bruat, René Gardien, ou encore François Remetter, tous internationaux français.

A l’issue de ces trois saisons, âgé de 23 ans, il change de dimension et quitte le Doubs pour partir sur la Côte-d’Azur, à l’OGC Nice, champion de France en titre et qualifié européen pour la Coupe des Clubs Champions. Sa première saison (1956-1957), sous l’égide de l’argentin Luis Carniglia, est une réussite personnelle, enchaînant 28 matches et marquant 13 buts en Première Division et 7 matches pour 4 buts en Coupe d’Europe (un doublé contre Aarhus et deux buts lors de la double confrontation face aux Glasgow Rangers), mais un échec collectif, le club terminant 13e du championnat malgré des internationaux tels que le luxembourgeois Victor Nurenberg, et les français Jacques Foix, Jacques Koczur Ferry et Joseph Uljaki, et bien que le club ait atteint les Quarts de Finale de la Coupe des Clubs Champions (défaite contre le Real Madrid). La saison suivante (1957-1958), avec le nouvel entraîneur Jean Luciano (son coéquipier de la saison précédente), il ne sera présent que sur 3 matches, en novembre et décembre 1957, suite à un très grave accident. Le club termine encore une fois à la 13e place de la Première Division. Faivre revient progressivement la saison suivante (1958-1959) pour 15 matches et deux buts et, à la surprise générale, l’OGC Nice redevient Champion de France 1959. Sa dernière saison niçoise (1959-1960) est réussie, étant présent pour 25 matches et marquant 7 buts, malgré une décevante 9e place pour son club et le renfort de l’international argentin Hector de Bourgoing.

Pour se relancer, il signe au Stade Rennais d’Henri Guérin et réalise la meilleure saison de sa carrière. Il participe à la quasi-totalité des matches de Première Division (37) et score à 20 reprises, finissant à la 5e place au classement des buteurs de cette saison. Mais son club finit le championnat à une très modeste 14e place.

À peine la saison suivante débutée, à 28 ans, Jacky Faivre signe en septembre 1961 à l’AS Saint-Etienne pour suivre son ancien entraîneur, Henri Guérin, arrivé en juillet. Sur 16 matches, il marque 6 buts et remporte la Coupe de France mais ne joue pas la finale. Il côtoie alors de très grands noms du football français, qu’il s’agisse de Claude Abbes, Robert Herbin, Aimé Jacquet, Georges Peyroche, René Ferrier ou le néerlandais Kees Rijvers.

Mais surtout, il devient international et participe à 2 matches de l’Équipe de France du sélectionneur Albert Batteux, marquant à deux reprises pour sa première sélection contre la Finlande en éliminatoires de la Coupe du Monde le 28 septembre 1961. Titulaire, il fait équipe avec ses anciens camarades de Sochaux, Jean-Jacques Marcel et Roger Piantoni, mais aussi avec des noms tels que Jean Wendling, Lucien Muller ou encore Maryan Wisniewski. Sa deuxième et ultime sélection a lieu le 18 octobre suivant, au stade du Heysel à Bruxelles, contre la Belgique. Titulaire une nouvelle fois, il ne peut éviter la défaite 3-0, malgré la présence des attaquants Raymond Kopa et Jean Vincent.

L’AS Saint-Etienne, 17e lors du précédent exercice, est relégué en Deuxième Division pour la saison 1962-1963. Sous la houlette de François Wicart, le club remonte à la fin de la saison, décrochant le titre de Champion de D2. Jacky Faivre y est de sa contribution, avec 24 matches et 10 buts marqués. Il participe également à la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, avec 4 matches et 2 buts. Il termine sa carrière à l’issue de cette saison, âgé de seulement 30 ans, avec un ultime match le 8 mai 1963 en Quart de Finale de la Coupe Charles Drago, contre, ironie du sort, son club formateur, le FC Sochaux (défaite 4-1).

Le bilan de sa carrière est alors de 191 matches de Première Division pour 67 buts, 14 matches en coupes européennes pour 9 buts, et 2 sélections en Équipe de France pour 2 buts.

L’année de sa retraite, Jacky Faivre devient employé de jeux au Casino de Divonne-les-Bains, ville dont est originaire son épouse. Il est, en parallèle, entraîneur-joueur de l’US Divonne pendant trois saisons, faisant monter le club au plus haut niveau du District. Il revient ensuite à Bourg-en-Bresse où il a notamment géré un magasin de sport Adidas. Il décède à Viriat en août 2020, à l’âge de 87 ans.

Photo : Stade Rennais

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