Marcel Cochet (1913-2001), Libération et don de soi

Marcel Cochet

Marcel Cochet naît à Polliat en 1913, village où ses parents, Marie-Jules-Victor Cochet (1873-1963) et Marie-Alexandrine Simonin (1879-) tiennent un café-restaurant.

 

Travaillant comme auxiliaire à la ville de Bourg, il est mobilisé pour la guerre qui vient d’éclater et sert comme radio et sergent dans l’infanterie jusqu’à la démobilisation. À son retour, il épouse à Bourg en janvier 1941 Paulette Mortier. Au printemps, il part à Antibes pour se former dans le sport et, à la rentrée de la même année, il est nommé professeur de sport adjoint au lycée Lalande, à Bourg.

 

C’est alors que son destin prend un virage soudain. Sensible aux velléités anti-vichystes de ses élèves, il les soutient et commence à les organiser secrètement. Son frère aîné, André Cochet (1905-1985), et Paul Pioda (1907-1944), responsables du mouvement Libération dans le département de l’Ain, l’intègrent à leur mouvement, où il prend de plus en plus de responsabilités, accomplissant des missions tels que des sabotages, du transport d’armes, du vol de documents, la création de maquis, etc. Passionné de sport, il prend le pseudonyme de Verchère, du nom d’un ancien rugbyman de l’US Bressane et du stade de la même équipe. Après l’arrestation de Paul Pioda, Marcel devient responsable département de Libération, aux côtés de son frère.

 

En parallèle, il fait du petit mouvement de ses élèves un véritable mouvement des FUJ, Forces unies de la Jeunesse, centré notamment sur la diffusion de tracts et de journaux. À noter ce jour où le professeur Cochet amène sa classe au stade en chantant « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » ! La suite de son parcours mettra le mouvement du lycée dans une situation délicate mais celui-ci reprendra un second souffle grâce au lieutenant Philippe et à des lycéens, jusqu’en juin 1944 lorsque la Milice décide, le jour de la dernière épreuve du baccalauréat, de mettre fin à ce groupement.

 

Le 18 juin 1943, la police l’arrête. Il est enfermé à la prison de Bourg mais, aidé d’autres résistants, il tente l’évasion. Mais c’est un échec, certains détenus tentent de s’y prendre plus tôt que prévu. Il est alors réintégré à la prison de Bourg puis interné à la prison Saint-Paul de Lyon jusqu’au 8 décembre 1943 puis est transféré à la centrale d’Eysses (dans le Lot-et-Garonne) avant d’être envoyé au camp de Compiègne. C’est de là-bas qu’il part, le 18 juin 1944 dans le convoi 1.229, pour le camp de Dachau. Il y arrive le 20 juin et lui est tatoué le matricule 73274. Pour survivre, il maintient ses exercices physiques journaliers. Il quittera Dachau presqu’un an plus tard, le 25 mai 1945, lors de la libération du camp par l’armée américaine. Il est honoré de la Médaille de la Résistance avec rosette en 1946.

 

De retour en France, il reprend progressivement et modestement ses activités de professeur au lycée Lalande avant de prendre sa retraite en 1973. En parallèle, sportif convaincu, il est soigneur de l’équipe de rugby locale, l’US Bressane, jusqu’en 1982, à presque 70 ans.

 

Marcel Cochet est mort à Bourg-en-Bresse le 15 décembre 2001.

 

Photo : auteur inconnu, photographie réalisée vers 1933 à Dijon (photo Denise Cochet)

Sources : maquisdelain.org, museedelaresistanceenligne.org, mémoire-deportation-ain.fr, La Désobéissance. Histoire du Mouvement Libération-Sud (Laurent Douzou, 1995)

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